J’y vais
Dialogue avec la culpabilité, sur le chemin d’une vie choisie
Pour les personnes qui préfèrent se laisser porter :
Ce matin dans le siège passager, regard dansant entre les bâtiments défilant, je me suis retrouvé face à face avec une ancienne amie, Culpabilité.
Sa visite était inattendue car après avoir passé ces derniers jours à refléter sur qui je voulais être, sur ce que je voulais créer au cours de mon existence sur ce petit caillou bleu flottant, j’étais venue à une sereine certitude qui n’avait jamais été aussi limpide et profonde.
Alors quand cette culpabilité est apparue de nulle part, j’ai été un peu prise par surprise. Mais j’ai vite vu qu’elle cherchait juste à éclairer un point oublié dans mes récentes réflexions.
Comme je l’ai évoqué dans ce poème, je rêve d’une existence plutôt différente de celle que l’on nous vend principalement dans notre société actuelle et à cause de cela j’ai longtemps questionné sa “faisabilité”.
J’ai soif d’une vie plus lente, plus douce, où la joie, la liberté, la légèreté et le partage seront au centre. Et je pense qu’au fond tout le monde a cette soif de plus de sens.
On le voit aujourd’hui. Il y a un profond mécontentement, une profonde insatisfaction dans la manière dont nous menons notre existence. Je pourrais citer des statistiques sur la hausse mondiale du stress chronique, des dépressions et les autres signes évidents de détresse, mais je pense que si tu lis ces mots, c’est que tu en as conscience.
Le problème, c’est que toute notre vie, on nous a appris à accepter les choses telles qu’elles sont, à ne pas les questionner, à nous sentir impuissant.es face à ce grand grand monde qui ne fera qu’une bouchée de nous.
Ces croyances sont si ancrées en nous qu’elles nous donnent l’impression si viscérale d’être coincé.e, mains et pieds liés, avec un champ des possibles si limité.
Mais ce n’est qu’une illusion, un mirage.
Nous sommes bien plus puissants que ce que l’on nous a enseigné. Le Marteau forgeur de monde est dans notre main. Il l’a toujours été et le sera toujours, mais on nous a appris à regarder ailleurs. Et quand finalement on pose les yeux sur lui… des horizons que l’on croyait irréels, inatteignables s’ouvrent à nous.
Mais notre pouvoir créateur n’est pas le sujet de cette lettre, la culpabilité l’est.
Ce matin-là, le poids de celle-ci m’est tombé dessus. Je rêvassais de la vie que j’allais finalement créer. Ces derniers jours j’avais fait la paix avec les doutes, les sentiments d’illégitimité, je me sentais bien, vraiment bien, pleinement moi d’une manière que les mots ne peuvent transcrire.
Mais dans cet état, j’avais également conscience que j’allais après ce que chaque être humain sur Terre mérite, mais que pourtant pas assez d’entre nous vont goûter.
Tu vois, au fond de moi je crois sincèrement en un monde meilleur, où la survie n’est plus un combat au centre de notre existence mais une garantie pour chacun et qu’à la place notre vie tourne autour de l’épanouissement. Je crois au potentiel illimité de chacun. Je sais qu’au fond nous sommes bonté. Je me suis promis de dédier ma vie à donner forme à cette vision. Alors voir autant de souffrance dans le monde me brise le cœur.
Cependant je suis évidemment consciente que construire ce nouveau monde va prendre un peu de temps (sûrement plus que la durée de mon passage sur Terre hahaha). Je suis consciente que tout le monde n’est pas encore prêt à prendre part à ce projet mais comme une amie dirait “mais c’est okay”.
La Vie m’a montrée qu’Elle a ses raisons, qu’il y a des choses qui nous échappent et que pourtant l’ordre est toujours parfait. Chacun à son propre chemin à parcourir en son temps.
Cependant, cela ne veut pas dire que je n’ai pas ma part à jouer dans cette danse de l’évolution. Comme une expression anglaise le dit, “I gotta walk the talk” (Je dois marcher dans les mots) parce que moi je suis prête à faire ce pas.
Alors même si je tremble encore de temps à autre,
Même si je n’ai pas d’exemple autour de moi pour me montrer le chemin,
J’y vais.
J’y vais parce que j’ai eu la fortune dans cette vie de réveiller cette conviction inébranlable qui éclaire mes pas.
J’y vais parce que peut-être au détour de mon chemin, mon feu viendra en allumer d’autres.
Et que c’est comme ça que le monde dont je rêve prend forme.
Rappelle-toi toujours qu’un leader n’est pas celui qui dit “Suivez-moi”. Un leader est celui qui dit “J’irai en premier”. Neale D. Walsch.
Ely🍃



Magnifique et merci pour ton authenticité !!